Une enquête menée par le cabinet Technologia qui est notamment en charge d’évaluer le niveau de stress des salariés du groupe France Telecom propose une conclusion pas vraiment à l’avantage des sociétés déléguées aux transports en commun. En effet, ils sont du moins pour la région parisienne une source d’inconfort et d’incertitude. Le plus grave est qu’ils ont un impact certain sur la santé physique et mentale des salariés !
Notre ligne TER Centre Paris-Chartres-Nogent-Le Mans peut également être englobée dans ce melting pot que sont les transports en commun franciliens puisque la ligne est en partie subventionnée par le STIF et assure une desserte cadencée. Espérons que les différents acteurs en charge de nos transports puissent se rendre compte de l’impact d’une qualité de service qui n’est pas à la hauteur…
Source de l’information : Le Monde
Vous trouverez ici le manifeste du cabinet Technologia ainsi qu’une synthèse de leur étude :
http://www.technologia.fr/manifeste-pour-l-amelioration-des-conditions-de-transport
Enfin c’est pas vraiment les transporteurs et les autorités organisatrices des transports qui sont mises en cause, mais plutôt les entreprises qui se refusent à intégrer cette problèmatique des transports : « Si les salariés ont subi une forte dégradation de leurs conditions de vie dans les transports depuis quelques années, celle-ci n’est pas liée aux arrêts de travail des personnels de la SNCF ou de la RATP qui n’ont pas été au centre de cette étude qualitative. Cette dégradation est structurelle. Sur plusieurs tronçons, la situation est devenue difficile. »
« Il s’agit d’une pénibilité et d’un allongement du temps mobilisé pour le travail qui restent « à la porte de l’entreprise » au sens propre comme au sens figuré, puisqu’elles coûtent au salarié tout en ne relevant pas de la responsabilité de l’employeur. »
« Le retard, la fatigue et le stress accumulés les fragilise avant même qu’ils se mettent au travail. Leur présence incertaine le matin et leur départ sous contrainte horaire en fin de journée perturbent l’équilibre des équipes, ou bien les condamne à se retrouver sur la touche… voire à la porte. Avec cet angle d’attaque, Technologia a voulu donné la parole aux acteurs de l’entreprise, pour comprendre comment la prise en considération de la « galère dans les transports » s’arrête trop souvent aux portes de l’entreprise. »
Si certaines entreprises prennent en compte le problème des transports et font la part des choses entre un retard à cause des transports, et un retard pour je-m’en foutisme, en général, et l’étude met le focus là-dessus, le problème « n’est pas une politique ancrée dans les mœurs managériales ».
Dans la synthèse de l’étude est mis en exergue aussi le fait que les employés sont obligés de s’éloigner en lointaine banlieue à cause du coût des loyers, plus aussi des entreprises qui se délocalisent ailleurs en région parisienne sans prendre en compte véritablement les répercussions en terme de transports sur les salariés. Le problème est aussi amplifié chez les femmes (contraintes familiales) et les salariés à horaires décalés (pas toujours de transports).
Dans leur proposition n°5, ils demandent la « mise en place d’une procédure d’information efficace pour les entreprises pour que les salariés n’aient plus à justifier de leur retard en cas de dysfonctionnements (information précise sur le site internet des compagnies de transport des retards le jour même afin d’éviter aux salariés de chercher un bon d’excuse). » Ca, c’est une très
bonne idée. Je pense que nous devons la reprendre (en étendant le concept vers les universités, lycées, collèges et autres lieux de formation).
Enfin, ils proposent la tenue d’Etats Généraux sur les conditions de Transport en Ile de France (constat précis ligne par ligne, bilan contradictoire de la situation, préconisations pour éviter de futures dégradations).
On pourrait aussi plutôt accuser les élus locaux : « Les élus locaux ou régionaux, eux, inaugurent souvent telle ou telle zone d’activités en fanfare, sans se poser la question de : « comment arriver jusqu’ici ? ». » Ainsi, « comment rendre viable l’extension de La Défense ? »
J’instite sur l’angle d’attaque de l’étude : « Il ne s’agit pas d’incriminer les professionnels (RATP, SNCF…) qui peinent eux aussi à maintenir un service public efficace et respectueux des usagers ; ni d’accuser les employeurs de maltraiter les salariés, mais bien de ne pas laisser dans l’ignorance mutuelle les conditions de transport et les conditions de travail. » Je pense aussi qu’il y a des torts partagés quand on voit les chassés-croisés est-ouest / paris-banlieue, quand on voit le coût des loyers et en face des salaires trop justes et qui stagnent, ou le problème de qualité de vie dans certaines banlieues qui obligent à aller plus loin, et effectivement ce problème de mauvaise répartition entre lieux de vie / lieux de travail avec des concentrations de bureaux comme à Issy/La Défense ou St Denis, des villes-dortoirs…
Tout ce merdier c’est plutôt un problème d’aménagement du territoire et aussi pas mal de stupidité (manque de télétravail, ou obliger quelqu’un à traverser toute la région alors qu’il y a des bureaux près de chez lui, mais d’une autre entité…). Les transports deviennent donc saturés et victimes de leur succès. Enfin c’est sûr que sur notre ligne ou le RER D, y a un manque de sérieux chez la SNCF, et cette irrégularité amplifie le stress…